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26 octobre 2013 6 26 /10 /octobre /2013 09:19

dracula-3d-poster-2013.jpg

 

Vous le redoutiez tous, mais il fallait bien que quelqu’un attaque tôt ou tard… Je ne vais pas refaire les échos de tout ce qui s’est dit sur Dracula 3D de Dario Argento. Ainsi, nous essayerons d’analyser aussi froidement que possible cette relecture moderne du chef d’œuvre de Bram Stocker, qui tente vaillamment de s’aventurer sur des terrains qui n’ont pas encore été foulé tout en s’offrant le luxe d’une reconstitution d’époque particulièrement foirée.

L’histoire : D’étranges meurtres surviennent en Transylvanie. Alors que Jonathan Harker se hâte vers la demeure du comte Dracula sur sa demande, plusieurs cas de vampirisme semblent apparaître dans la région…

 

Dracula3D45.jpg

 

Bon, vu qu’on ne fait plus confiance à Argento, on sent que le budget qui lui a été alloué pour réaliser cette fresque gothique ambitieuse a été très strictement calculé. En fait, dans l’ensemble, la reconstitution d’époque est kitch dans le mauvais sens du terme, faisant davantage penser à la foire médiévale d’un patelin du Vaucluse plutôt qu’à une fin de XIXème en ébullition. Mais soit, ça peut donner un petit charme, et si le reste suivait, on pourrait fermer les yeux. Mais le reste ne suit pas. En effet, vu le manque de budget, il était évident qu’on allait avoir droit à des séquences numériques. Comme on savait que le comte D. allait se livrer à de multiples métamorphoses animales (tentative ambitieuse et novatrice), au moins pour les séquences de transformation. Mais pas que… Alors que le film commence avec une femme qui hurle en voyant un hibou numérique lui foncer dessus (on hurle aussi, pas pour la même chose), on voit d’un œil épouvanté notre héros sortir d’un écran vert qui a été remplacé par une locomotive d’époque au numérique si plat qu’on en a immédiatement une indigestion. Et régulièrement, souvent lors des scènes intéressantes, les fautes de goût numériques viennent tout foutre par terre, à chaque temps fort… Des mouches numériques viennent constamment emmerder nos personnages, la transformation de Dracula en loup est à s’arracher les yeux… Bref, le film aurait gagner au moins un point simplement en enlevant ces séquences ingrates. Avec une exception pour la scène de mante religieuse, tellement what the fuck qu'on la garde. On passe sur l’interprétation complètement fade de l’ensemble du casting pour se concentrer un peu sur Dracula. Si son interprétation est complètement transparente (il n’a ni charisme ni grand enjeu dramatique), visuellement, le physique de l’acteur convient parfaitement, et sa tenue classe fait illusion tant qu’il n’ouvre pas la bouche (c'est-à-dire 2 secondes, car on tient ici le dracula le plus pipelette de toutes les adaptations de Stocker). Sans avoir une histoire particulièrement originale (elle reprend dans les grandes lignes la trame classique), le film se laisse suivre, nous gratifiant de quelques fulgurances gores sympathiques mais fugaces. Si la bouille de Rutger Hauer fait plaisir dans le rôle de Van Hellsing, on ne sera pas transcendé par le rythme régulier de l’histoire, incapable de relancer l’intérêt du spectateur jusqu’à un final très plat complètement convenu. Moins que les fautes de goût, c’est finalement la platitude du projet qui rend Dracula 3D difficile à regarder, l’ensemble ayant bien du mal à divertir sans combler nos attentes graphiques. Un peu moins mauvais que prévu, mais tout de même, aller à Cannes avec pareille série B sous le bras, ça ne fait pas très sérieux…

 

1/6


2012
de Dario Argento
avec Thomas Kretschmann, Marta Gastini

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Published by voracinephile - dans Epouvante ( qui stresse)
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commentaires

alice in oliver 01/11/2013 15:08

d'ailleurs, tu n'as pas encore eu le temps de corriger

voracinephile 01/11/2013 15:53



Rhaaa ! Voilà, c'est fait XD !



alice in oliver 01/11/2013 10:31

par contre, faudrait que tu changes l'intitulé. Y a une erreur de frappe, tu as écrit "darcula"

voracinephile 01/11/2013 14:11



Ah ! je me demandais combien de temps on mettrait à le remarquer ! Bravo Alice !



borat8 30/10/2013 19:08

ça fait des années quand même qu'il essaye de retrouver la gloire. Depuis la fin des années 80 je crois.

borat8 29/10/2013 15:23

Punaise celui-là je veux le voir! Depuis sa bande-annonce foireuse à base de sfx non fignolés (en plus, les gars du marketing mettaient même la mention "en cours de post-production") et sa
présentation probablement désopilante (ou honteuse c'est selon) à Cannes l'an dernier, j'ai une envie folle de voir ce bouzin. D'autant que depuis j'ai vu Suspiria et que j'ai acheté Inferno et Les
frissons de l'angoisse depuis (je vais me les mater jeudi pour ma journée halloween). En plus si j'en crois ce que disaient Mad et Ecran Large lors de la projection cannoise les fameux sfx foireux
n'avaient pas été modifié! J'espère pour Dario que ce n'est plus le cas en un an parce que sinon oulala! Hâte de voir Dracula en menthe-religieuse et Rutger Hauer en plein cabotinnage.

voracinephile 30/10/2013 16:55



Effectivement, un sacré petit navet. Le brave Argento a beau y croire, impossible de retrouver le faste de ses anciennes créations tant la laideur des effets spéciaux se révèle nuisible, et tant
il peine à retrouver l'esthétique qui a fait sa renommée. C'est évident qu'il ne cherche pas à réitérer les exploits passés (tout à son honneur), mais la direction dans laquelle il creuse ne mène
pas à grand chose...



princécranoir 26/10/2013 13:36

Comme je suis curieux de m'abreuver de ce sang-là ! Si j'ai bien compris, numériquement parlant, "Dracula 3D" c'est un peu l'anthithèse de "Gravity". Rien de grave ceci dit, moi j'adore les
chauve-souris en plastique des films de la Hammer, alors c'est pas un hibou pixelisé qui va me faire peur. Par contre, ce qui est sans doute regrettable en lisant entre les lignes de ton
commentaire (très respectueux du maître, on le devine malgré tout), c'est que ce formidable inventeur de formes qu'était Dario Argento (car il faut bien se résoudre à parler de lui au passé
maintenant) n'a plus rien à nous offrir d'enthousiasmant. Il est des fins de carrière difficile, moi je vous le dis...

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