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4 novembre 2015 3 04 /11 /novembre /2015 17:28
Sea Fog

Sea fog s'attaquait au délicat sujet des passeurs (ici, dans le contexte classique de passage entre les deux Corées) avec des promesses de noirceurs et de réalisme. Un bon sujet qui ne devrait toutefois pas être mené comme un Transperce-neige pour pouvoir prétendre s'inscrire un peu dans la réalité. Coup de bol, le film s'intéresse davantage aux actions des personnages qu'à un point de vue moral, ce qui donne quelques explosions de violence bien dramatisées car elles sont complètement logiques dans le contexte, et qu'elles s'enchaînent de façon cohérente. On suis donc toutes les étapes qui amènent une équipe de pêcheurs sur la paille à passer dans le traffic d'immigrés clandestins, assurant le passage d'un gros groupe d'entre eux. A ce stade, le film est sommaire dans sa caractérisation des protagonistes, et conservera sa démarche quand les choses se corsent (en trouvant un côté proche de Dogville, évidemment avec la touche asiatique qui exagère toujours un peu le trait). C'est un peu ce qui nuance le jusqu'auboutisme du film : les attitudes de ses personnages se manifestent parfois avec trop peu de retenue pour éviter l'appellation de clichés. Mais ces clichés fonctionnent, et jouent leur rôle dans la suite des évènements.

Le personnage du capitaine est surement l'un des plus intéressants à suivre, car il est celui qui lance la démarche et qui prend l'essentiel des décisions au cours de la traversée. Il est aussi celuiqui endosse toute la responsabilité de l'affaire si les choses tournent mal. Planté dans un contexte de délabrement moral lorgnant vers l'apathie (réaction molle et ton résigné quand il apprend que sa femme le trompe), il garde finalement comme stricte motivation la remise en état de son instrument de travail qui demeure sa dernière fierté. Et quand il s'agit de gérer les clandestins, c'est celui qui met rapidement les points sur les i en faisant preuve de violence quand il sent la moindre menace pesant sur ses responsabilités. C'est finalement en cela qu'il apparaît comme le plus radical des personnages, sans avoir toutefois de penchants pour l'humiliation ou la domination des clandestins (contrairement à une autre partie de l'équipage, qui les méprise plus ou moins ouvertement). Il est simplement sans pitié et assume toujours ses choix jusqu'au bout, avec logique et pragmatisme.

C'est d'ailleurs ce pragmatisme qui permet à Sea Fog de prendre un peu de distance par rapport à son message social (bien présent, parfois appuyé (surtout dans la VF, médiocre)), laissant les actes parler et contemplant avec impartialité le déroulement du voyage. C'est le retournement tragique de milieu de film qui le fait vraiment évoluer vers un climat beaucoup plus viscéral que le simple pensum humaniste, en lorgnant vers une sorte de thriller survival bien plus immersive et efficace que ne renierait pas dans le glauque un certain Lars von Trier. Précis et efficace, il brode sa fiction sur une issue potentielle de ces voyages illégaux, en se retenant de passer dans le registre tragique par de nouveaux enjeux qui assurent l'originalité et la tension du récit. Très bonne surprise que ce Sea Fog, qui rejoint Deephan dans la case des films sur l'émigration qui touchent juste.

7/10

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20 février 2015 5 20 /02 /février /2015 10:24
Les cavaliers de l'apocalypse

Ah, qu'est-ce que le thriller aurait fait sans Fincher ? Avec Seven, le choc a été si violent, ou plutôt, l'objet a réussi à atteindre une telle efficacité dans sa compilation d'éléments (très glauques) qu'il en a instauré des codes, depuis les mécanismes de suspense aux éclairages d'ambiance, qui font toujours loi dans le milieu. Cela a surtout desservi plusieurs tentatives de divertissement qui à trop vouloir imiter sont tombés dans le pompage et en ont subi les foudres. Un cas d'école donc que ces Cavaliers de l'apocalypse, qui auraient pourtant pu s'en tirer à meilleur compte.

L'histoire : un détective veuf néglige sa vie familiale pour boucler une enquête sordide sur la découverte d'une femme mise à mort dans un étrange instrument de sado-masochisme.

Les cavaliers de l'apocalypse

Faut dire que les cavaliers de l'apocalypse ne s'est pas trop retenu question glauquerie visuelle, puisqu'il nous montre avec suffisamment de détails poisseux les fameuses mises en scène des meurtres à grand renfort de peau tendue par des crochets de suspension (à la différence que ceux ci sont prévus pour ne pas être retirés). En matière de gore, le film offre donc un peu à voir. Pourtant, c'est un ratage formel monumental. La réalisation pompe Seven sans vergogne dans sa mise en scène d'éclairage (sans cohérence thématique, on passe du jaune au vert, dans le sombre et le surexposé, aucune cohérence), dans sa collecte des indices, dans la découverte progressive des morts... On n'a jamais la moindre sensation de surprise, et je peux comprendre que beaucoup se soient lassés avant de parvenir au dénouement. Pour ma part, seul mon affection pour Dennis Quaid m'a permis de tenir, en m'attachant davantage à son charisme visuel qu'à la banalité de son rôle de père raté qui néglige sa famille au prix de son travail. Absolument tous les personnages de ce film sont clichés (l'homosexuel victime, le chef de police noir, le fils aîné effacé, la chinoise qui se la joue surnaturel...), nouvel argument pour décourager le spectateur d'y trouver le moindre divertissement. Et enfin, la réalisation pêche par de nombreuses fautes de goût, par exemple quand elle tente d'esthétiser quelques scènes avec des inserts hors sujet (une transition d'allumage de clope), quand elle tente d'intégrer discrètement des infos capitales (une présentation d'un lieu si expédiée qu'elle en devient immédiatement louche), quand elle veut jouer la carte d'un surnaturel hors sujet... Direction d'acteur proche du minable, musique absolument quelconque... On peut lister encore des points négatifs pour enfoncer le clou.

Et pourtant, je trouve que les cavaliers de l'apocalypse est à sauver de la catastrophe pour son fond. Néanmoins, cela demande une certaine prise de recul vis à vis de sa nullité formelle, et surtout en développant des spoilers. Mais inutile de partir, comme son développement est posé sur des rails qui ne surprendront personne, il est peut être plus intéressant de découvrir le film avec les clefs en main. On sera toujours ennuyé par le remplissage évident de certaines séquences, mais au moins, on en connaîtra l'utilité et le sens. Car le fond du script est bon, mais le scénario en a foiré l'exploitation. Pour jouer la carte du twist en dernière partie et se donner un air faussement intelligent alors que son fond était nettement plus ambitieux. En effet, pour les deux premières victimes, on se retrouve en face d'une femme saignée à mort, dont on a arraché le fœtus in vivo, et un étudiant homosexuel saigné à blanc dont la mère est retrouvée ligotée dans le placard de l'appartement. J'insiste sur les détails car malgré le script fonctionne beaucoup avec eux. Le troisième, beaucoup plus développé, commence à introduire le doute, en montrant un jeune homo qui force son frère à regarder son suicide via le système de crochets. A partir de là, le film commence à donner davantage d'éléments et à brouiller les pistes. Les jeunes étaient tous raccordés à un forum de discussion aux thématiques inconnues, quoiqu'axées sur les fameux cavaliers de l'apocalypse. Le film se permet de faire de l'interprétation en traduisant le mot par "révélation". La révélation vient donc avec le quatrième cavalier, sensé apporter la révélation et donc tout éclaircir. Et là, le film prend le contrepied du chemin qu'il a tout le temps suivi, passant du thriller psychokiller à une série de suicides en présence d'un membre de la famille, les victimes étant alors consentantes et voulant illustrer le message du film : l'abandon des responsabilités parentales. Le script révèle alors ses subtilités (dans le cas du premier meurtre, la victime n'est pas la mère mais son fœtus, toutes les morts servant dès lors à mettre en scène un sacrifice de jeunes déçus par les attitudes respectives de leurs proches. Le film tente alors de devenir une bannière de la jeunesse sacrifiée par la négligence parentale, et justifie dès lors les clichés comportementaux qui ont remplis son intrigue. Ils sont lassants, mais justifiés. La véritable faute du scénario est cette absence de raffinement et ce travestissement en seven du pauvre, car les clichés qu'il utilise servent son propos sur les comportements parentaux destructeurs, la perte de repères de la jeunesse et son désespoir quant à son avenir... Le fond était plus dramatique et moins stupide que prévu. Mais la jouer happy end et rédemption, c'était là une belle erreur. Voir l'inéluctabilité de cet embrigadement, l'indifférence avant le choc... Ca aurait été l'angle intelligent, et c'est finalement réduit aux quinze dernières minutes, loin d'être excellentes (car laborieuses). Mais malgré sa gamelle, le film pouvait prétendre à parler d'un sujet intéressant. Rendez vous manqué qui ne rassemblera maintenant plus que quelques bisseux, les cavaliers de l'apocalypse mériterait un remake orienté dans le drame, dans quelques années histoire qu'on oublie cette piètre copie.

2009
de Jonas Åkerlund
avec Dennis Quaid, Zhang Ziyi

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16 janvier 2015 5 16 /01 /janvier /2015 20:56
Le chasseur

Les thrillers australiens ont toujours eu un certain charme. Calme blanc, Wake in fright, Long week end... Souvent en mettant la nature à contribution pour créer cette impression de solitude propice aux dérives humaines. Le chasseur s'inscrit bien dans cette optique, sans toutefois miser sur un climat de peur. C'est d'ailleurs plutôt sur la traque méthodique qu'il insistera, en comblant avec un peu de social et un peu de sentiments pour donner corps à son récit. Résultat, le film démarre après une heure vingt (sur une heure quarante), et ce n'est même pas gênant.

L'histoire : Martin est un chasseur expérimenté, contacté par le laboratoire pharmaceutique Redleaf pour capturer un diable de Tasmanie, espèce supposée disparue. Des rumeurs ayant été enregistrées dans une région précise de l'Australie, Martin établit son camp de base dans la famille d'un écologiste disparu, d'où il prépare ses battues.

Le chasseur

C'est un film contemplatif avec une sacré absence de rythme qui s'offre à nous sous l'étiquette de thriller. Ca part donc assez mal, mais comme dans le casting, on peut trouver Willem Dafoe et Sam Neill, on prend notre mal en patience. Et curieusement, une magie opère, car on se met à apprécier les détails de son quotidien, les parcours des personnages entourant Martin, et les mystères du coin (bien qu'on se doute déjà que la disparition de l'écologiste n'ait rien d'accidentel, l'intense exploitation forestière des environs entrant souvent en conflit ouvert avec les travailleurs. A moins que ça soit autre chose. De toute façon, on passera une large partie de notre temps en compagnie de Martin seul dans la forêt, qui organise méthodiquement ses battues, et dont les différents petits trucs (camouflage d'odeur, pose de pièges, préparation d'appâts...) comblent finalement le vide de dialogue (c'est ce qui faisait le charme d'un film comme All is lost). C'est alors qu'on se retrouve avec plus rien à dire, et simplement à observer. Quand le talent des acteurs et la beauté du cadre suffisent à remplir l'espace, il n'y a plus qu'à se taire. Dans cette optique, The rover avait été une belle surprise en 2014. Le chasseur n'atteint malheureusement pas un tel niveau (moins violent, moins psychologique, moins intense), mais s'en tire avec assurance, tantôt apaisant, tantôt angoissé, avec ponctuellement ce goût pour la chasse, et une certaine poésie dans le final, tentant d'abréger une spirale de violence entamée depuis déjà des années. Une bonne petite surprise, à défaut d'un film notable.

2011
de Daniel Nettheim
avec Willem Dafoe, Sam Neill

4.5/6

Le chasseur
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2 décembre 2014 2 02 /12 /décembre /2014 14:32
Flower and snake

On a très souvent reproché aux japonais une certaine perversion dans les fantasmes sexuels, et j'ai le regret de constater que ce blog y a hélas participé à plusieurs reprises. Quid d'un urotsukidoji, d'un shogun sadism, ou encore des dernières all night longueries. Sans parler de l'affront aux bonnes moeurs qu'étaient les opus 2 et 5 des Guinea Pig. Il convient aujourd'hui de faire amande honorable et de rectifier la vérité : ces petites excentricités, c'était de la p'tite bière devant la montagne de bon goût que se révèle être Flower and snake. Partant sur les bases d'un scénario moisi pour virer sur des humiliations sexuelles psychologiques digne des pires bondages, c'était ce qu'il manquait à nos amateurs d'exotisme.

L'histoire : Une femme gagne gentiment sa vie en tant que chanteuse et danseuse dans un club branché. Son mari travaille dans un cabinet d'affaire. Malheureusement pour lui, une opération financière tourne mal, et rien ne va plus quand les clients se révèlent être un clan yakuza de mauvais poil. Désireux de joindre l'utile à l'agréable, ils décident de se venger en organisant une soirée partouze un peu spéciale dont les jouets seront nos pauvres larrons... Miam !

Flower and snake

L'insipidité du scénario est curieusement une des petites forces de ce film, car il évacue ainsi toutes les prétentions prompte à inhiber le divertissement (on est clairement pas là pour réfléchir ni révolutionner le cinéma). Il prend néanmoins le temps de poser son cadre et ses personnages, et fait patienter avec une petite scène de sexe assez généreuse dans la mise en scène (cadrée dans les plus extrêmes limites de ce que sa catégorie de censure oblige), le temps de faire jaillir le bourbier dans lequel se sont empêtrés nos personnages, et surtout pour nous présenter la femme au centre du récit, radieuse pauvre créature qui sera livrée aux perversions les plus abominables par nos yakuzas sans scrupules. L'introduction sert aussi à souligner ce qui sera l'une des principales qualités de Flowers and snake : la photographie. D'une très bonne tenue et soignant ses décors, c'est un petit cadre fastueux pour le simple plaisir bondage initialement promis. On part donc en toute confiance dans ce qu'on sait être un petit thriller malsain qui virera tôt ou tard dans la complaisance voyeuriste. Le générique d'intro offre d'ailleurs une bonne représentation du film : un hideux serpent numérique (hélas, c'était inévitable) enserre dans une interminable caresse un corps de femme avant de s'enfoncer profondément dans sa gorge. Inutile de se répendre en métaphores graveleuses, on sent déjà une ambiance stylisée tout à fait bienvenue pour satisfaire nos esprits dérangés. Et une fois que la machine se met en branle, tout le charme des coutumes japonaises opère. Dans un respectueux hommage au Eyes Wide Shut de Kubrick (ou un pompage éhonté, allez savoir...), une assistance masquée observe, sur une scène éclairée, notre chanteuse, son mari et son associé enchaînés et parés de costumes de latex, prêts pour le grand show. A laquelle se joindra une connaissance de nos chanteuse, ainsi qu'une dominatrice yakuza perverse qui ne recule devant aucun outrage moral, y compris le saphisme... Bref, bondage, mise en croix, muselières et autres accessoires vibrants, Flower and Snake ne nous refuse rien, et organise ses visions en crescendo, histoire de nous tenir en haleine jusqu’à son grand final. Grand final qui culmine assez jubilatoirement dans la catégorie des œuvres hentaï, et qui pousse son mauvais goût à retourner la situation en lui donnant une petite issue « morale » assez drôle, car même humiliée de la sorte, notre héroïne voit son pouvoir de séduction se décupler, et alors même qu’elle est livrée à l’appétit du chef des yakuza, elle se sert carrément du désir qu’elle suscite comme d’une arme. En fait, c’est une issue féministe, avec les hommes aveuglés par leurs désirs lubriques et la gentille épouse (pas la nymphomane de service, elle recevra une petite punition pour ses mœurs dissolues) qui reprend les choses en main. Ma foi, si le bon goût n’est pas toujours convoqué (le présentateur des orgies, toujours en vêtements de fille et hystérique), un certain sens des clichés pervers et une mise en scène d’assez bonne qualité font au final de Flower and snake un divertissement érotique d’assez bonne tenue, plutôt amusant pour le pervers qui sommeille parmi les spectateurs, et un sympathique essai quand il est pris au second degré (mais franchement, il serait mal avisé de l’aborder sous un autre angle).

2004

de Takashi Ishii

avec Aya Sugimoto, Renji Ishibashi, Kenichi Endou

4/6

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29 novembre 2014 6 29 /11 /novembre /2014 19:30
La prochaine fois je viserai le coeur

Le thriller français qui s'aventure sur l'un des cas d'authentique psychopathie observé dans l'Hexagone, à savoir celui de Franck (bel hommage à William Lustig), variation d'Alain Lamare, tueur de femmes et gendarme besogneux, que l'ironie du sort place dans l'enquête de ses propres forfaits. Et en se contentant de rester sur ses plates bandes d'immersion dans le quotidien du monstre, émerge alors un film qui gagne à la fois en efficacité et en subtilité.

L'histoire : Franck est un monstre qui se décrit comme dégoûté par l'humanité et déterminé à en finir avec elle. Dans les faits, sa frustration vis à vis du sexe féminin et de l'étouffante monotonie de son quotidien ont façonné un naturel froid, d'une agressivité critique constante, et une volonté d'endurcissement sans faille.

La prochaine fois je viserai le coeur

Dans les détails, LPFJVLC n'est pas forcément très subtil. La frustration de son incapacité à séduire les femmes est redondante (le film cherche à en saisir chaque aspect, en variant la mise en scène et les détails, parfois en frôlant la digression avec l'évocation des homosexuels), le film abandonne parfois le portrait psy pour donner dans le suspense (la battue), dans la digression inutile (le vieillard seul, vengeance d'un Barracuda?) et l'absence de conclusion, qui n'aide pas à y voir plus clair. Et pourtant, le film a le don de suggérer un contexte riche, notamment dans la façon qu'a Franck de s'investir dans sa propre enquête, cherchant également à se comprendre, au milieu de la foule, au dessus de tout soupçon. La sauvagerie des meurtres, la variation des effets de styles dans la mise en scène, tous les éléments qui font le classique portrait du psychopathes sont soignés, laissant le véritable atout du film délivrer sa performance : Guillaume Canet. Pour un tel rôle, Laurent Lucas aurait été tout désigné (mais il y aurait eu moins de mérite, il est habitué à s'habiller d'étoffes torturées). Mais le souriant Guillaume, tirant continuellement une gueule d'enterrement et campant son rôle avec un naturel bluffant, délivre peut être la performance de l'année. Parfaitement investi dans son rôle, escorté par quelques effets spéciaux insidieux dans les mauvais traitements qu'il s'inflige, il imprègne le film de sa présence glaciale, captant à chaque instant l'attention. Ses ressentis de frustration masculine, d'angoisse existentielle et de désir de s'affirmer sont naturelles, plus exposées que vraiment analysées. D'ailleurs, seul son ressenti compte vraiment, et cette tendance à petit à petit voir la boucle se resserrer autour de lui en la regardant avec passivité, en tentant néanmoins de poursuivre son existence (avec sa femme de ménage). Le film est efficace, le style concis, l'équilibre fonctionnel. On frôle les scènes marquantes, sans pour autant se lâcher à fond dans le glauque. Mais le film avance, avec cette efficacité qui ne trompe pas, à quelques lourdeurs de style près (l'expérimentation sur les insectes, étrange). Un travail très honorable, qui arpente les chemins du psychokiller avec une touche française bienvenue, tout à fait à la hauteur des attentes.

2014
de Cédric Anger
avec Guillaume Canet, Ana Girardot

4,5/6

La prochaine fois je viserai le coeur
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27 octobre 2014 1 27 /10 /octobre /2014 21:57
Cage de cristal

Cage de cristal est un petit thriller espagnol qui ne paye pas de mine question popularité (film quasi-inconnu) mais qui contient pourtant bon nombre d’ingrédients sulfureux qui ont tout pour interpeller le spectateur. Psychologique, dérangeant à plusieurs reprises, et disons le, carrément tordu dans son postulat, Cage de cristal est une vraie petite surprise dans son genre, qui se paye en plus le luxe d’une ambiance visuelle glaciale tout à fait de rigueur.

L’histoire : Dans une famille où le père, tétraplégique suite à une tentative de suicide, est maintenu en vie dans une machine enfermant totalement son corps, un jeune aide soignant propose ses soins. Cédant à l’insistance de son mari, la femme accepte de laisser s’installer le nouvel arrivant. Commence alors un étrange jeu à la dimension sexuelle explicite…

Cage de cristal

Ce film est un combo de thématiques sulfureuses, qui en s’arrangeant sous la forme d’un divertissement très bis (le concept même de la cage en verre est bancal, mais il fallait trouver un prétexte pour justifier l’incapacité à réagir sans jamais pouvoir échapper à son rôle de témoin). Car c’est sur cette relation de dépendance du malade à son personnel soignant que le film s’appuie, poussant le vice toujours un peu plus loin dans ce que le beau Angelo prépare comme surprises à son patient. Ne retenons pas la surprise davantage, ce combo, c’est Nazi + Voyeurisme + Pédophilie + Homosexualité. Bam dans ta face ! Pendant la seconde guerre mondiale, notre père de famille a trempé dans des affaires vraiment louches d'expérimentations sur enfants (exposée en scène d’intro, la dimension pédophile est frappante), et à la suite d'une tentative de suicide qui l'a laissé paralysé, il n’a jamais été aussi vulnérable. C’est dans ce contexte qu’Angelo, témoin de la scène et aujourd’hui adolescent obsédé par ce personnage, et désireux de se rendre indispensable à ses yeux, quelques soient les moyens nécessaires. C’est un personnage d’horreur-fantasme, qui ne cesse d’alterner entre satisfaction de ce qu’il pense être les désirs de l’autre, et vengeance vicieuse quand les réactions de ces derniers ne cadrent pas avec ceux qu’il espérait. Exprimant lui aussi des désirs pédophiles à un degré qui surpasse le maître, le jeu de voyeurisme qu’il impose à sa victime devient vite insoutenable, sans qu’une issue s’offre pour sortir du cauchemar. C’est aussi ce côté huis clos qui donne à Cage de cristal son atmosphère si étouffante. Après bien profité de sa santé pour assouvir ses pulsions, le fasciste anciennement pédophile se retrouve complètement inapte à se défendre, sous le regard de sa famille, et même menacé par elle (supportant de moins en moins son mari, sa femme joue à plusieurs reprises avec sa vie). Il n’y a aucun échappatoire, pas de refuge possible. Quand le film commence, c’est pendant une heure quarante et il ne lâchera rien d’ici là. On nage en pleine immoralité, ce qui était tout bonnement imprévu, et carrément efficace pour un film de cette trempe. Plutôt efficace dans son dosage des éléments malsains, on lui pardonnera un jeu d’acteur parfois un tantinet trop appuyé, le climat psychologique un peu bancal (le pédophile réagit parfois de façon contradictoire entre sa honte et ses tiraillements, sans que le spectateur parviennent à ressentir ce qui l’anime réellement), quand on constate qu’il exploite ses arguments en voulant faire avancer son récit. Bonne petite surprise, à découvrir d’urgence.

1987
de Agustí Villaronga
avec Günter Meisner, David Sust

4,5/6

Cage de cristal
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17 octobre 2014 5 17 /10 /octobre /2014 20:21
Gone girl

Avec Gone Girl, Fincher renoue avec le thriller démonstratif et totalement divertissant. Loin de tout zodiac interminable, il propose une situation simple, d’abord ambigüe, puis qui choisit de tout retourner au tiers du parcours pour donner dans un registre autrement plus stimulant. Depuis Panic Room, on n’avait pas été aussi enthousiaste.

L’histoire : Au bout de 5 ans de mariage, Amy et Nick ne passent presque plus de temps ensemble. Mais le jour de leur anniversaire de mariage, Amy disparaît. Le FBI est bientôt sur l’affaire, mais plusieurs détails semblent indiquer une mise en scène.

Gone girl

Total divertissement que nous propose Fincher aujourd’hui, et qui marque sans doute un retour aux bons titres de sa filmographie (bien plus de relief que ses derniers travaux). Si la durée de deux heures et demie n’est pas sans rappeler un certain Prisoners, Gone Girl parvient à tenir la distance grâce à de purs artifices de divertissement. C’est en faisant muter son histoire, en dévoilant régulièrement ses partis pris et en développant de façon efficace ses arguments qu’il parvient à relancer l’intérêt, à densifier ses personnages, à relancer le suspense. La bande annonce n’annonçait que le premier tiers du film. Aussi se déroule-t-il en trois actes, chacun ayant ses mécanismes de fonctionnement. Dans le premier, nous sommes dans l’ambigüité, et l’essentiel de l’intérêt est retenu par le jeu de piste laissé par Amy, qui mène les enquêteurs à son journal intime (qui entrecoupe fréquemment le récit pour augmenter le malaise sur la vie de couple) et Nick vers sa potence, lui faisant accumuler les motifs de condamnation sur son passage. Le second est entamé par un twist monumental, et s’axe clairement sur des jeux de manipulation. Nick, descendu par l’opinion public, engage une bataille médiatique pour améliorer son image et soutenir sa vision des faits, tandis qu’Amy, dont le plan capote, se retrouve à improviser. En découle un savant jeu de dominos, assez imprévisible, et surtout conclu par une scène gorrissime qui, ma foi, devrait laisser un beau souvenir chez les cinéphiles. On grimpe sans arrêt dans les artifices de manipulation, et là, climax. Qui s’ouvre avec un humour assumé (l’insulte murmurée lors des retrouvailles) sur le trois acte, bref (une petite demi-heure), mais intense. C’est à ce moment là qu’on prend conscience qu’il s’agirait presque d’un remake de Basic Instinct, avec un Paul Verhoeven de la grande époque derrière les commandes. Bon discours sur la manipulation psychologique et personnage féminin massif, on a là une renaissance inattendue, et totalement jouissive. Quand on voit le dernier effort (assez pathétique) du hollandais, voir Gone Girl écrase le modèle. Vraiment, joli coup de la part de Fincher, sans doute pour l’un des films les plus marquants de l’année.

2014
de David Fincher
avec Ben Affleck, Rosamund Pike

5/6

Gone girl
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26 août 2014 2 26 /08 /août /2014 17:11
Enemy

Après le triomphe de Prisoners, on attendait le nouveau film de Denis Villeneuve avec… indifférence ? Son nouveau projet de thriller ne payait pas de mine, commençant sous un petit angle cinéphile avec un homme qui découvre son double parfait, sans connaître ses origines. Mais c’est le traitement sur ce genre de film qui fait la différence. Et autant dire qu’on n’a plus vu ce genre de prouesse depuis Faux semblants.

L’histoire : Adam Bell, un professeur d’histoire fuit son quotidien monotone en recherchant un figurant de cinéma qui lui ressemble étrangement, Anthony Claire. Il se rend peu à peu compte qu’ils sont exactement identiques. Néanmoins, en voulant attirer son attention, Adam attire l’attention de la femme d’Anthony, qui se met à le surveiller.

Enemy

Denis Villeneuve nous avait caché qu’il aimait Cronenberg. Il fait preuve ici de cette singulière obsession à vouloir incarner les meurtrissures psychologiques de ses personnages, par l’intermédiaire de symboles récurrents (ici, une araignée), marquant pour chacun de ses personnages un trait de caractère particulier. Pour notre acteur Anthony, d’un caractère agressif et entreprenant (typiquement masculin), elle est un simple objet, érotique dans le contexte de l’exposition, une créature insignifiante pouvant être simplement écrasée (parallèle avec la façon dont il tentera d’exploiter la situation). De l’autre, nous avons Adam, clairement moins affirmé, et constamment dans la prise sur soit. Pour lui, cette araignée prend tantôt des traits féminins (la troublante apparition onirique), tantôt des proportions gargantuesques, qui la rendent on ne peut plus menaçante. Outre la simpliste interprétation de l’araignée au plafond, il y a dans cette figure une grande notion de prédation, une espèce de phobie qui matérialise l’état de plus en plus fébrile d’Adam, ainsi qu’un lien étrange avec la féminité (la dernière hallucination, ultime, qui lie définitivement les deux et fait pénétrer Adam dans un cauchemar éveillé, un véritable piège que les fissures d’une vitre brisée représentaient déjà comme une toile). Cette association psychologique n’est pas interprétable de façon catégorique (ici, je n’ai fait que relever les tendances qui me semblaient justifier son apparition lors des séquences clefs). Car si le film est une petite étude de caractère qui s’appuie sur la performance très appréciable de Jake Gyllenhaal (excellente, il se hisse presque au niveau de Jeremy Irons), il a aussi sa petite trame qui suit les allers et venues de ces jumeaux malgré eux, qui s’épient et surveillent leurs quotidiens respectifs. Mais alors que la rencontre débouche sur une impasse caractérielle, c’est la fascination progressive de la femme d’Anthony pour ce double qui provoque l’irritation de ce dernier, puis sa convoitise quand il découvre la femme d’Adam (Mélanie Laurent, dans un rôle frustrant particulièrement adapté à son caractère, un excellent choix de casting). Anthony élabore alors ses intimidations comme il prépare ses rôles, échafaudant l’inversion des vies comme on l’espérait. Je ne détaillerai pas davantage cet axe dramatique, il est la véritable source de surprise et mérite un visionnage. Néanmoins, les indices psychologiques continuent d’affluer avec un Adam se sentant de plus en plus glisser dans la peau de son jumeau. Mais ce qui fait la force profondément angoissante de Enemy, c’est sa forme physique. Constamment teinté d’une nuance jaune maladive, crispant dans son utilisation de violons comme bande originale, il file régulièrement des plans étouffants de la ville, que de discrets effets de caméras rendent davantage déstabilisants. Les repères physiques s’évanouissent, au profit d’une angoisse sourde, informe, qui se matérialise peu à peu en la personne de ce double malintentionné. Mais qui s’acharnent sur Adam, dont on perçoit sans arrêt les craintes et les malaises. Pour renforcer le rapprochement, les dialogues d’un jumeau se superposent au quotidien de son second. Les cauchemars des uns réveillent aussi les autres. Si l’argument psychologique est là, il est clair que le film cherche avant tout à s’amuser avec le spectateur, le laissant sans arrêt dans un doute qui laisse le champ libre à l’histoire. Enemy, c’est un petit thriller malin, plutôt humble malgré ses ambitions, qui se veut avant tout être un plaisir totalement cinéphile en jouant dans la cour des films à plusieurs niveaux de lecture. Tout à fait recommandable, sans m’avoir toutefois transcendé.

2013
de Denis Villeneuve
avec Jake Gyllenhaal, Mélanie Laurent

4,8/6

Enemy
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1 juillet 2014 2 01 /07 /juillet /2014 09:44

The-Rover2.jpg

 

Avec the Rover, on pensait se lancer dans un récit Mad Maxien à souhait, d'autant plus que les ingrédients (post apo, australie, road movie) avaient tout pour attirer le cinéphile dans les salles. On ajoute à cela la présence de Guy Pierce dans le rôle principal (grand acteur qui parvenait à se rendre sympathique même dans une bessonnerie de bas étage) et de Pattinson, et on tenait un projet solide. Le résultat est largement à la hauteur des attentes, se hissant sans peine dans les meilleurs de l'année.

L'histoire : 10 ans après la chute, l'Australie est toujours une terre aride, où toute forme d'autorité a disparue et où survivre implique de se défendre. Alors qu'il se rendait dans un bar miteux, un homme se fait voler sa voiture par un groupe de 3 fuyards armés. Il se met à leurs trousses, en récupérant le frère d'un des voleurs.

 

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Ce qu'il y a de fascinant avec The Rover, c'est qu'il n'a pas de scénario. Le vague prétexte de la voiture volée ne sert qu'à faire ponctuellement avancer le récit, permettant de relancer l'action au moment où on parvenait à la fin d'une scène ou d'une séquence. Ainsi, the Rover est une compilation de vignettes, illustrant chacune des aspects de ce futur proche réaliste où tout s'est effondré, et où l'homme survit comme il le peut. Il y a bien une armée, ridicule de par ses moyens, mais qui tente de maintenir un semblant d'ordre pour garantir son salaire depuis la capitale, dernier bastion de la civilisation. Il y a les petits bidonvilles, qui ne prennent que les dollars américains et proposent de tout. Et dans de rares cas, les médecins, en situation dangereuse de par la préciosité de leurs compétences. Il y a des éléments par dizaines, qui forment tous un tableau cohérent et parfaitement équilibré, trouvant la part juste entre le thriller promis et le contemplatif langoureux, qu’on pourrait comparer sans peine au petit classique de John Hillcoat La Route. Sec dans l’usage de sa violence, complètement amoral (le caractère bien trempé du personnage de Guy Pierce nous cloue définitivement la langue au fond de la gorge dès les 15 premières minutes), le film se focalise essentiellement sur les protagonistes principaux (simples, des portraits granuleux et intéressant, le charisme naissant de leur naturel (ils sont parfaitement implantés dans le décor) et pas vraiment sur autre chose. Les quelques interactions avec les locaux qu’ils rencontrent dans leur parcours, les souvenirs qu’ils trainent, la relation qui unit les deux protagonistes se substituant à la fraternité initiale du personnage de Pattinson… Globalement, le film offre peu d’éléments à analyser, il est même carrément minimaliste et d’un premier degré jamais démenti (c'est aussi pourquoi les chroniques qui en traitent, celle-ci y compris, sont aussi courtes). Mais l’immersion fonctionne si bien que son heure quarante passe en un éclair, le film possédant une spontanéité à toute épreuve, qui évacue la moindre prétention (ce que ne parvient pas à faire Refn par exemple) pour laisser parler la poussière et le regard abrupt de Guy Pierce. Il n’en a pas l’air, et pourtant, on tient un joli poids lourd de l’année.

 

4,8/6


2014
de David Michôd
avec Guy Pearce, Robert Pattinson

 

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28 mai 2014 3 28 /05 /mai /2014 13:15

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Le Revenge movie fonctionne essentiellement sur un postulat d’identification avec le spectateur, ce dernier étant pris en témoin et invité à plaider la cause de la victime qui prendra les armes contre ses agresseurs. Sur le sujet, le plus connu doit être La dernière maison sur la gauche, qui s’attaquait à un mécanisme de violence en chaîne. Death sentence s’inscrit lui aussi dans la lignée, cette dernière ne recélant plus de surprises (mis à part du côté asiatique avec des titres comme Old Boy ou I saw the devil). Tourné par un James Wan qui veut sortir de l’épouvante gothique (le sympathique Dead silence), le ton se veut engager, et fonctionne efficacement avec un Kevin Bacon très impliqué.

L’histoire : Alors qu’ils reviennent d’un match de Hockey, un père et son fils aîné sont pris dans une attaque de station service, pendant laquelle le fils trouve la mort. Devant faire face au désespoir de sa famille et à la frustration de poursuites judiciaires sans preuves, il décide de ne pas témoigner au procès et de suivre l’assassin.

 

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Nick Hume est d’office notre vecteur d’intégration. Campé par un Kevin Bacon plutôt à l’aise, il incarne la figure d’honnêteté (scène d’intro au bureau de la compagnie d’assurance, un peu grosse mais claire) et le père de famille un peu partial (une pointe de favoritisme pour l’aîné sportif). Bref, la petite famille (deux enfants, épouse agréable) tranquille avec les petites chamailleries entre frères, brutalement brisée au cours d’une sortie par l’attaque d’un gang. L’occasion pour le film de faire preuve de la violence dont il est capable (les impacts de balle sont traités avec un réalisme gore taillé pour l’efficacité), ainsi que quelques petites figures de styles agréables dans le paysage (le panneau « dead end »). Après la mort gratuite du fils aîné, deux thématiques se retrouvent au centre du récit : la frustration de l’échec de la justice (réduite à trouver un accord à l’amiable avec la défense) qui va se muer en pulsion de vengeance, et l’impact de la tragédie sur la famille et l’entourage de Nick. Et sur ces deux tableaux, le film se révèle convaincant, alternant l’un et l’autre avec facilité jusqu’à une quatrième et dernière partie sans temps mort qui remplira largement le quota de nihilisme attendu. Death Sentence s’appuie surtout sur Kevin Bacon, sur qui tout s’appuie à tout moment (la scène de douche doit être le seul moment où son personnage craque quelques minutes). Il assiste à l’effondrement progressif de sa famille, et sa vengeance, assez attendue, demeure finalement un point faible du film (la séquence tient plus de l’accident self-défense, mais bon, les conséquences sont les mêmes) avant l’engrenage promis. C’est également l’absence de temps morts qui fait l’efficacité de death sentence, qui enchaîne les étapes en soignant les détails (passé la vengeance et la crise de soulagement/culpabilité, Nick commence à passer à autre chose), avant de lancer la grosse séquence d’action du film. Tournée en caméra à l’épaule et renforcée par un montage efficace, c’est l’immersion complète pendant une quinzaine de minutes, la traque du parking immersive qui se révèle largement efficace. Le début de la spirale qui aboutira tout simplement à la fin du film, au cours de deux autres séquences au même niveau, malgré des idées de mises en scènes parfois discutable (l’échange de coup de feu au travers d’un mur, guère convaincant). Il faut toutefois faire mention d’un personnage secondaire récurrent (que j’ai tendance à considérer comme une erreur) : la policière moralisatrice. Celle qui accompagne Nick tout au long du film, qui déshumanise son agresseur (« c’est une bête sauvage »), qui compatit pour sa frustration en connaissant la vérité, puis qui une fois la guerre engagée vient donner les leçons de morale du code civil. Elle incarne le parfait agent de moralité, qui intervient dans une histoire amorale pour rappeler ce que tout le monde sait déjà, un petit faire-valoir qui se perd de toute façon dans la noirceur de l’intrigue (dont la transformation physique de Bacon demeurera l’un des gros points forts). Pourquoi la faire revenir de façon récurrente, si ce n’est pour agacer notre personnage ? Enfin bon, sa dernière intervention a au moins le mérite d’être utile au drame, et le film de s’achever sur une note bad trip, s’offrant le luxe d’une fin nihiliste et ce qui doit être le film le plus ambitieux de son réalisateur. Un passage plutôt réussi par la case drame/thriller.

 

4,6/6


2007
de James Wan
avec Kevin Bacon, Aisha Tyler

 

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  • Je suis étudiant en Oenologie, j'ai 25 ans et je m'intéresse depuis quelques années au cinéma (sous toutes ses formes, y compris les plus tordues). Bienvenue sur le blog d'un cinéphage exotique.
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