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31 août 2014 7 31 /08 /août /2014 14:51
Hercule

On ne donnait pas cher de la peau d'Hercule quand les bandes annonces sont enfin sorties en salles. Véritable condensé de navet, compilant les pires choses à quoi on pouvait s'attendre (monstres numériques à la Colère des titans, fouet magique à La légende d'Hercule, ridicule débridé "Je suis Heeercuuuule !"), j'avais pour ma part enterré le film avant même de l'avoir vu, et me réjouissait à l'avance de la débilité du spectacle. Pourtant, une fois dans la salle, c'est à un tout autre film que j'ai assisté.

L'histoire : Hercule, mercenaire accompagné de plusieurs guerriers rencontrés lors de diverses missions, se voit proposé par un roi Thrace de former une armée pour réunifier les territoires adjacents.

Hercule

Ma foi, si les 5 premières minutes compilent toutes les atrocités numériques présentes dans la bande annonce, le programme change assez vite de ton, et pour le mieux cette fois. On pourrait même parler d'arnaque commerciale tant le marketing de ce film est à côté de la plaque, puisqu'il nous vendait un divertissement régressif allègrement fantastique (colère des dieux parce que Hercule veut être simplement un mari et un père, quelle connerie !), alors qu'il s'agit d'un péplum à l'ancienne avec quelques partis pris qui se justifient. En effet, le premier d'entre eux est de constater qu'Hercule n'accomplit jamais seul ses missions, mais que ses compagnons de route font régulièrement le gros du boulot et acceptent de vivre dans son ombre pour différentes raisons personnelles (c'est la petite famille, en fait). Et, grosse surprise pour le coup, le film n'est pas un seul instant fantastique. Toutes les créatures mythologiques promises (et aperçues au début) ne sont qu'un leurre. Car le film essaye de s'enrichir d'un discours sur les légendes, exagérant sans cesse les histoires pour épater la galerie, tout en étant le reflet d'une époque héroïque. Jouant sur la superstition des masses, un peu de mise en scène et ce qu'il faut de spectacle, c'est en impressionnant l'ennemi qu'on prend déjà un avantage psychologique. Aussi, les monstres sont soit des mises en scène de bandes armées pour saper le moral des adversaires, soit des créatures balèzes copieusement exagérées par le conteur de la troupe, qui ne cesse de tchatcher pour enrichir la légende. Une façon plus subtile que prévu d'évacuer tout fantastique et de se concentrer sur les enjeux humains du film, qui nuance presque ce qu'il faut pour avoir des enjeux potables. Malgré une gestion assez médiocre de la force d'Hercule (rarement réaliste, au mieux fort comme Conan, au pire capable de faire s'effondrer une statue colossale en s'attaquant à ses fondations), le bilan n'est pas honteux. Hercule se retrouve donc à former une armée, à mener les premiers assauts pour réunir les territoires Thraces, sous la férule de John Hurt. Pas nouveau maintenant, l'acteur est coutumier des rôles de vieux rois/sages (Outlander, le transperceneige...), mais sa carrure est finalement prise à contre-pied lors d'une inversion des enjeux pas vraiment subtile, mais honnête. Le parcours humain d'Hercule, qu'on nous vendait comme une vengeance bien manichéenne, est un peu plus nuancé que ça, plus pudique aussi concernant sa peine et ses motivations.

Malheureusement, ces bons points n'élèvent pas vraiment un spectacle qui se révèle somme toute poussif dans son déroulement des enjeux. Passé la surprise de découvrir un péplum à l'ancienne, on se retrouve en territoire balisé, avec quelques hausses d'originalité ça et là pour se distinguer de la concurrence, sans pour autant renouveler ni enrichir le genre. Question caractères humains, ils sont lisses, mais bien présentés, assez pour qu'on retienne leur histoire sans se sentir proche d'eux. C'est de l'exploitation correcte, qui ne nuit à personne (Dwayne Johnson n'a pas à rougir de sa prestation, malgré le ridicule de son casque félin, il incarne un hercule tout à fait potable) sans pour autant relever le niveau. Question accessoires, plusieurs détails font un peu tâche, comme ces armures en cuir qui font très plastique. Et avec ce maigre potentiel, il se hisse jusqu'au titre du meilleur péplum de l'année, devant le moyen Pompéi (un exploit dans la filmo de Paul W. S. Anderson), et les étrons 300 2 et la légende d'Hercule. Toutes proportions gardées, pas de quoi le lapider en place publique.

2014
de Brett Ratner
avec Dwayne Johnson, Rufus Sewell

2,9/6

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Published by voracinephile - dans Aventure (la mine d'or)
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commentaires

borat8 20/09/2014 00:55

Vu et une belle bouzasse. Ringard, mal joué, flashbacks entre la shakycam où on ne voit rien et l'intérêt douteux (montrer le cul d'Irina Shaik durant deux-trois secondes pour faire bander les geeks c'était nécessaire?), répliques nanardesques à se pisser dessus (quand on lui évoque son importance dans la mort de sa famille réponse gamine: "Mais j'ai rien voulu moi!"; euphémisme: "La civilisation n'est plus si civilisée"; Rufus Sewell en forme: "Les plus grands iront en enfer il y a une super ambiance!"; et ma préférée John Hurt avant de crêver: "Que cette ordure soit mise à mort!")... Mais aussi un lieu mythique dans la pignolade ( le Mont Asticus qui devient Mont Tasticus avec la liaison!) et des guerriers environ 40 au début mais atteignant la centaine à la fin. Allez chercher les figurants numériques bande de nazes!

borat8 21/09/2014 21:48

Je n'ai pas vu le film de Renny Harlin donc je ne dirais rien dessus. Franchement mes potes et moi on a été plié de rire devant durant toute la séance. C'était tellement pitoyable que cela en devenait à se rouler par terre. Le Mont Asticus nous a tenu en haleine (pour ne pas dire euphorie) durant toute la soirée (parce qu'on a été boire un coup après en plus!). Sans compter les pompages sur Conan le barbare (plans quand ils sont à table quasiment identiques, Hercule devant les escaliers après la chute de la statue comme Conan après avoir couper la tête de James Earl Jones et les plans avec l'hydre reprenant plus ou moins le passage du serpent géant) et 300 (ah le beau générique de fin qui reprend la même technique avec sept ans de retard!). Mais le meilleur là-dedans c'est l'armée. On est une quarantaine à tout casser, plus les morts par la suite ,mais par miracle elle devient une véritable garnison de 100 bonhommes par la suite (et cela bien avant l'arrivée de Joseph Fiennes qui apparaît moins de cinq minutes à l'écran alors qu'il est mieux crédité que John Hurt!). Pour The Rock c'est au contraire un défaut. Le mec ne prend rien n'est jamais inquiété et tape dans le vent.

Voracinéphile 21/09/2014 20:53

Oarf, tu exagères un peu Borat. Si la charge contre La légende d'Hercule est de rigueur (et pour le coup, c'est à pisser de rire), celui là ne mérite pas vraiment d'acharnement. Ouais, quelques punch lines, un plan ou deux de mauvais goût et ce final un peu trop grandiloquent question pyrotechnie (le marbre, ça brûle très bien !) et gestion des foules. Mais dans sa globalité, Dwayne n'est pas ridicule (il a même un petit charisme), et le scénar, cliché, fonctionne. Le mont Tasticus en revanche, c'est une petite vanne bien trouvée, bien vu de ta part ;)

Xelloss 03/09/2014 10:50

Bon, qu'on se le dise, je suis allé voir ce film pour la 3D... uniquement ;)
Ayant regardé quelques secondes de la BA, je me suis dit "Nom de Zeus, une bonne 3D qui déchire"
Verdict ?
Une 3D qui déchire-sa-maman-l'impure ! (ouais, carrément XD )

Si peu de plans nous proposent de la projection pure (quelques flèches ou lances dans la poire), nous avons du débordement de bustes, têtes et autres bras hors du cadre (pratiquement deux mètres constant Oo)
La profondeur ? Elle est super bonne.
Le seul bémol, le ghostage des sources de lumières (torches) dans le noir (mais c'est pas trop grave) ;)

L'histoire... bein, une bonne surprise car ce peplum "à l'ancienne" ne prétend pas concurrencer les dernières réalisations du type "Ils ont fait l'Amérique" et du coup, ça passe facile.
J'ai trouvé aussi intéressant de nous montrer non pas les fameux travaux, mais l'après ;)
Et surtout, le message du film : la Propagande !
(On se rend compte à la fin que Hercule, c'est un taf d'équipe ;) )
Car comme l'ami Goebbels l'avait dit, les idées sont plus fortes que les balles, et dans ce film, la Légende est rondement récitée de façon épique par le conteur...
Non mais, sérieux, si on lui avait filé un MP3 avec un haut parleur de la mort, ce gus aurait passé du Two Step From Hell en fond sonore XD
Une petite critique sur la manipulation des masses comme je les aimes ;)

Du coup, si vous n'y allez pas pour voir un cours de civilisations anciennes, ce truc peut vous divertir ;)
=> mention spéciale au générique de fin, un TopDémo3D ^_^

Hey, StereoD, c'est quand que vous nous convertissez 300 ? hein ? Et Beowulf ?
Au taf, bande de charognes !

Voracinéphile 21/09/2014 20:48

Content que ce discours sur les légendes et la renommée t'ait toi aussi interpellé. Je ne m'attendais clairement pas à une réflexion sur ce sujet (vu la carrure bourrine qu'on nous vendait), donc voir un héros très relativisé, des enjeux humains mieux exposés que prévu et un peu de profondeur, ça n'a pas handicapé le spectacle. Et quand même, la scène de "je suis hercuuuule", qui s'annonçait être la plus ridicule du mois, en devient plutôt fonctionnelle (laissant le titre à La légende d'Hercule de Renny Harlin, authentique navet à mourir de rire).

borat8 31/08/2014 20:28

Moi ce genre de peplum irrespectueux envers la mythologie commence à me les briser. Rien que les douze travaux qui servent de flashback quelle bêtise! Et puis le cocktail Ratner+The Rock oh mon dieu...

Voracinéphile 21/09/2014 20:44

Je n'aurai pas donné cher de la peau d'Hercule. Même si il compresse l'histoire des guerres thraces à pas grand chose, c'est un petit divertissement, qu'on met facilement au dessus de Pompéi...

Vince12 31/08/2014 18:28

Tiens ! une petite surprise alors !

Voracinéphile 21/09/2014 20:43

Oh oui, on peut le dire ainsi. Après, je m'attendais à un niveau tellement nul que ça ne pouvait qu'être une bonne surprise ou un navet attendu. C'est surement juste moyen, mais vu comment ça partait, pas si mal. Un titre de plus dans la filmo de Brett Ratner.

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