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9 février 2012 4 09 /02 /février /2012 19:27

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Martin Weisz est tombé en disgrâce depuis qu’il a dit oui au fric et accepté de tourner le remake de La colline a des yeux 2 (en l’état, une des plus mauvaises suites de la décennie 2000). C’est dommage, d’autant plus que son précédent essai, Confession d’un cannibale (grimm love en version originale), témoigne d’un réel soucis de mise en scène, le film tentant d’illustrer subjectivement la pensée d’ Oliver Artwin et Simon Ganbeck, l’un ayant mangé l’autre après l’avoir rencontré sur internet. L’illustration d’un fait divers dans ce qu’il a de sordide, mais le tout tenant compte du développement psychologique de nos personnages. Un film intéressant, trash, mais pas dénué de maladresse.

L’histoire : Katie, une étudiante en psychologie criminelle, décide de baser sa thèse sur le fait divers d’Oliver Artwin, un cannibale qui recrutait ses victimes sur un forum trash. Pour rédiger son papier, notre étudiante part sur les traces d’Oliver et de sa première victime : Simon Granbeck.

 

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C’est un voyage étrange auquel Martin Weisz nous convie, car si tout le monde a entendu parler de ce fait divers monstrueux ayant eu lieu en Allemagne il y a quelques années, les détails restent flous, mais chacun semble avoir sa petite idée sur la question. Ainsi, le film se révèle intéressant (dans la mesure où il détaille à sa façon un fait divers) pour son interprétation de l’évènement. Et en quelque sorte, le message pourrait se résumer par un « donner sa chair par preuve d’amour ». Une interprétation qui fait sourire (personnellement, pour le whiskey, je prends juste un doigt), mais que le film va tenter d’illustrer en se focalisant sur le parcours des deux personnalités fortes de cette affaire. Pour Oliver, on suivra le portrait d’un enfant plutôt ouvert qui se lie d’amitié avec un autre « associable » comme lui. Amitié qui s’oriente rapidement vers une petite recherche dans le trash (une fascination pour Hansel et Gretel, une sortie au ciné pour un film d’horreur). Mais sans que cette relation devienne vraiment malsaine, Oliver est victime de la vampirisation de son quotidien par sa mère, une mère étouffante qui pour s’assurer de la présence de son fils, s’arrange pour lui faire porter la responsabilité de sa santé vacillante. Ainsi, Oliver se retrouve vite coupé du monde, avec pour seul « fantasme » ces derniers instants avec son ami où ils faisaient des recherches trashs, recherches qu’il se met à poursuivre de son côté et sur lesquelles il se focalise beaucoup trop, voulant peu à peu goûter la chair de son prochain. La tendance de ses désirs semble plutôt tournée vers l’homosexualité, même si le personnage ne fera jamais vraiment de « coming out » avant le drame. Pour Simon, son parcours est différent. Suite à une petite et brève expérience homosexuelle pendant son enfance, sa mère, découvrant l’affaire, se suicide. Portant la culpabilité du fait, Simon grandit dans le regret, développe un caractère qui le pousse à vouloir se punir du mal qu’il croit avoir fait. Son homosexualité ne semble pas liée à ces faits, si ce n’est qu’il semble rechercher de la violence dans les relations qu’il cherche à établir (d’où son attrait progressif pour des sites trashs sur lesquels il finira par rencontrer Oliver). Le personnage de Simon est plutôt bien façonné, sa personnalité et la description de son quotidien semblant tout à fait plausibles dans le cadre de l’affaire. Après, le film accélère peut être un peu trop les choses, réglant en quelques mails tordus les détails de la rencontre des deux personnalités du film. C’est clairement l’attitude consentante de Simon qui bénéficie du meilleur traitement, même si dans son cas, Oliver et ses origines sont elles aussi crédibles (on pense à Psychose). Hélas, si le film s’était arrêté à cette approche psychologique de nos individus, le film aurait pu être gentiment réussi (malgré un rythme pas toujours rapide), sobre et esthétique à la fois (la photographie léchée, les ambiances bien étudiées, la facture technique est de qualité). Mais il y a hélas cette étudiante en psychologie criminelle. Si encore, on pouvait se l’encadrer pendant l’introduction, elle devient rapidement agaçante, rajoutant toujours son grain de sel en revenant sur les lieux d’enfance de nos persos, nous donnant sa version des faits, son opinion sur l’affaire… Bref, elle ralentit le rythme du récit, n’apporte pratiquement rien à notre réflexion, et devient même franchement hypocrite en découvrant les vidéos tournées par Oliver lors du « Dîner », en se couvrant les yeux, en affichant des grimaces de dégoût et en répétant « oh mon dieu ! oh mon dieu !... ». Tu t’attendais à quoi, gamine ? Tu bosses sur un des faits divers les plus trashs de ces dernières années, et tu te permets encore des réflexions aussi primaires ? En conclusion, on saura donc que le cannibalisme, c’est mal, et qu’il ne vaut mieux pas voir ces images… Ah, d’accord. Si cette conne d’étudiante vient ralentir le film et bousiller la fin (quand même bien jouée par la mignonne Keri Russel), Confession d’un cannibale est un petit film trash qui s’assume, qui offre une vision pas inintéressante de « l’évènement » sans pour autant révolutionner nos attentes. Toutefois, une certaine retenue dans la violence physique (pratiquement pas de gore à l’écran) et une facture esthétique plaisante viennent donner quelques qualités à ce petit film qui risque fort peu de s'extraire de l'anonymat.

 

3/6

 

2007
de Martin Weisz
avec Keri Russell, Thomas Kretschmann

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commentaires

Joanna 28/09/2012 20:35

J'ai vu ce film tout à l'heure et je reste assez perplexe en fait, je trouve que l'étudiante ne sert à rien, et leur "histoire d'amour" est bâclée c'est peut-être pour ça que ça ne m'a pas touché
quand elle, elle pleure, j'étais dans l'incompréhension de la voir réagir de la sorte... Et je me suis aussi demandée comment une personne peu avoir une vidéo de cette scène et je me suis dit elle
est bien naïve de donner son adresse comme ça à un inconnu (elle devrait regarder le film Trust bref^^). Ce qui est horrible dans ce film c'est que le fait divers est vraie sinon c'est lent et
toujours pareil !

voracinephile 29/09/2012 10:34



Le film a de quoi laisser perplexe, il est très bancal. L'étudiante qui fait sa thèse là dessus est l'incarnation d'une idée simpliste et insultante pour le spectateur : en gros, ceux qui
regardent ce film sont des voyeurs malsains et ils devraient se prendre en main pour faire autre chose. C'est vraiment le gros point noir du film. L'histoire des deux personnages est plus
intéressante quant à elle, l'approche plutôt intime et pudique de chacun d'eux (leur passé n'est pas si gratiné, on aurait avoir droit aux clichés de viols ou d'inceste...) a tendance à rendre le
film intéressant (cette lenteur permet de suivre les personnages, j'ai aimé ce côté du film). C'est une sorte d'amour homo qui se pervertit. Mais le film est un peu maladroit sur sa fin,
l'épisode du dîner donne presque dans le torture porn sans montrer grand chose. Le film prête largement à débat, mais c'est le meilleur de ce réalisateur (qui a fait après La Colline a des yeux
2, nettement plus putassier et ridicule).



Punisher-28 10/02/2012 19:13

A vrai dire, je partage a peu prés le même avis, en tout cas je vais tenter de voir prochainement Confession d'un cannibale qui me tente pas mal.
PS: Désolé pour le doublon, petite erreur de ma part.

voracinephile 10/02/2012 20:34



Pour confession d'un cannibale, Martin Weisz surprend par son approche plutôt ^sychologique du fait, mais je pense que tu seras d'accord pour dire qu'il est assez imparfait. Je vais tenter de
chroniquer Donkey Punch prochainement, mais Grace bénéficie déjà d'une chronique sur mon blog ^^


Pas de soucis pour le doublon, ça m'a donné l'occasion d'apprendre à me servir de la corbeille !



Punisher-28 10/02/2012 14:06

Des 4 films que comptent le programme CineMadness (Grace, Donkey Punch, Confession d'un cannibale et Petits suicides entres amis) j'en ai vu 2: Grace et Donkey Punch que j'aime beaucoup. Vivement
leurs chroniques !

voracinephile 10/02/2012 19:02



^^ J'ai vu moi aussi Grace et Donkey punch. Un petit avant goût de mes avis : j'aime beaucoup Grace pour son gore poisseux qui vient titiller le thème du nourisson avec deux portraits de mères,
et Donkey Punch, à défaut de pleineent me convaincre, m'a fait passer un bon moment. C'était assez ambitieux de sa part de vouloir monter un "engrenage de violence", mais il prend quelques
raccourcis faciles et les personnages ne sont pas très brillants... Reste une bonne dose de sexe et une ambiance pas trop mal gérée.



alice in oliver 10/02/2012 08:29

un film très particulier mais au sujet passionnant. Hélas, encore une fois, c'est le traitement opéré par le réal qui fait la différence, l'ambiance étant un peu trop glaciale et clinique pour
susciter une entière adhésion

voracinephile 10/02/2012 13:07



Oui, j'ai vu que cette observation revenait souvent : le réal prend trop de distance avec son sujet pour vraiment nous impliquer dans cette histoire d'amour pervertie par le cannibalisme.
Dommage, car il y avait vraiment de la matière, mais le personnage de l'étudiante est tout simplement détestable, surtout pour le message supposé passer par elle (s'intéresser à ce fait divers,
c'est malsain, et ceux qui s'y intéressent sont des gens douteux. Ah ! Cool, c'est bien de faire un film d'horreur pour nous balancer ça à la face).



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  • Je suis étudiant en Oenologie, j'ai 25 ans et je m'intéresse depuis quelques années au cinéma (sous toutes ses formes, y compris les plus tordues). Bienvenue sur le blog d'un cinéphage exotique.
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