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23 août 2013 5 23 /08 /août /2013 11:07

Kick-Ass_2_-film-.jpg

 

Je reviendrai sur le cas de Kick Ass premier du nom, film que j’avais trouvé assez moyen pour sa complaisance un peu trop éclatante pour la violence ainsi que pour l’humour geek indigeste. Toutefois, il possédait d’autres qualités qui équilibraient la balance. Kick Ass 2, au vu de sa bande annonce, s’apprétait à redoubler dans la surenchère putassière de violence gratuite et de coolitude insupportable, à tel point qu’en entrant dans la salle, j’avais déjà des idées de cassage en tête. Raté, il est meilleur que son prédécesseur, et en bien.

L’histoire : Hit girl, désormais sans père, hésite de plus en plus à continuer de porter le masque. Kick Ass, de son côté, cherche à former une équipe pour lutter plus efficacement contre le crime. Mais Red Mist, ne supportant pas la mort de son père, décide de devenir le premier super-méchant dans la réalité, en montant une équipe de mercenaire.

 

kick-ass-2-group.jpg

 

Le syndrome Kick Ass contient des attitudes qui peuvent susciter l’agacement, comme une certaine impertinence et un gros scepticisme en face de la police. On peut rajouter à ça une certaine suffisance puisqu’il a tendance à vouloir ridiculiser les « opposants » en face de nos protagonistes engoncés dans des costumes très carnavalesques. Mais il le fait ici tout en étant mieux conscient de sa carrure, de ses dilemmes moraux et  surtout de sa complaisance pour la violence. Si Hit girl coupait les gens en deux avec sa lance sur fond de Rock’n Roll dans le premier, ici, on revient à une échelle plus appropriée de simple bottage de cul à coups d’uppercut, qui active moins les sirènes de la morale qu’on était tenté d’allumer (l'affrontement final n'aura pas vraiment la même retenue, et d'ailleurs, le film flirte toujours avec l'ultra violence (la main coupée)). Il en est de même avec les protagonistes, qui sont clairement mis en avant dans ce film. C’était aussi le cas dans le premier, et ici, le phénomène s’amplifie, et moins dans l’auto-glorification que prévu. Nos vengeurs costumés gagnent ici en maturité, en prenant les visages d’un couple à la recherche de leur enfant, complètement délaissé par la police, ou encore du fameux Colonel interprété par Jim Carrey, ancien porte-flingue de la mafia qui a découvert Jésus (un personnage dont j'avais très peur, qui finalement se révèle gentiment sympathique). Le concept de Vigilante est finalement mieux exposé et mieux perçu ici, et quand la mort touche certains de nos protagonistes, elle fait mal (je pense surtout à un personnage secondaire déterminant, qui fera l’effet d’un véritable coup dans l’estomac lors de la séance). Et surtout, dans le bilan final, malgré la timide victoire, les interrogations pertinentes de Kick Ass cernent la véritable interrogation qui se cache derrière cette suite ? Ont-ils rendus le monde meilleur, ou simplement mis fin à un phénomène que Kick Ass avait lancé par son initiative ? Cette suite est auto-centrée sur sa propre mythologie, et c’est finalement ce qui fait sa fonctionnalité, puisqu’elle peut s’ausculter et disserter un peu sur le phénomène Kick Ass et sur sa popularité, toujours en incluant les outils modernes du buzz comme Facebook et Youtube (avec la culture du buzz qui revient une nouvelle fois). Le quota de violence augmente surtout avec l’arrivée de Mother Fucker (l’ancien Red Mist), souvent ridicule dans ses interventions, mais si il est évidemment complaisant, il évite de rendre cool ses effusions de sang, en évitant d’ailleurs le gore qui tâche. Question humour, si le film est toujours aussi exhubérent, il passe ici d’avantage, à quelques truculences trash près, souvent abusées (un frottage de costume en intro vue de dos, les effets d’une matraque vomissante). Pendant son déroulement, le film suit la tentative de Hit Girl de s’intégrer socialement avec les filles de son lycée, et en profite pour tailler sévèrement, à la limite de l’hypocrisie, dans la génération disney channel. Connaissant mes goûts naveteux, j’étais en état de jubilation devant une truculence aussi trash, mais le puritanisme fait derrière cette vilaine caricature semble assez mal avisé de la part d’un phénomène comme Kick Ass, à la base amoral malgré ses bonnes intentions. Reste la conclusion de cet épisode, trash au possible. Kick Ass 2 passe mieux, un peu plus conscient de ses ingrédients et possédant une façade trash un peu plus appropriée pour le phénomène qu’il suit. Un peu moins donneur de leçon, il a le mérite d’explorer davantage son phénomène tout en restant conscient de ce qu’il se passe (la police en prend toujours pour son grade, dommage, mais elle est moins absente du récit). Inattendu et plutôt encourageant…

 

4/6


2013
de Jeff Wadlow
avec Aaron Taylor-Johnson, Christopher Mintz-Plasse

 

kick-ass-2-film-review.jpg

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commentaires

Quick and Free Virus Removal 22/12/2014 11:29

Kick was one was a similar to the movie itself. It was such a good movie that you would want to see it over and over again. But when it came to its sequel I think they just over did it and make it look bad but not worst.

hdef 27/04/2014 13:51

Merci

hdef 25/04/2014 12:06

Mon seul plaisir coupable "trash" on va dire, c'est American Dad. Tu vois, ça va pas bien loin.
Dans le non-comique, en revanche, je suis ouvert.
Tu devrais jeter un coup d'œil à ma chro de Chainsaw Maid de Takena Nagao sur naveton qui paraît aujourd'hui.
Celle de la suite, Chainsaw Maid 2 (maide in Lee Hardcastle) sort le 27. Ce sont mes limites dans le domaine du trash rigolo avec les premiers Peter Jackson et une poignée de Fulci, saupoudrée de
Toxic (1985, tu connais ???)

voracinephile 27/04/2014 11:03



Je prends en note, je vais venir lire cela.



hdef 17/04/2014 10:52

Content de t'avoir fait rire !! :D
Du reste je crois que tout est dit. Je n'ai pas vu I Love you Philip Morris mais il me tente assez (je le verrais peut-être en streaming un de ces quat').
Et pour ton "On peut en revanche trouver que c'est du mauvais goût. " je crois que nous différons en fait sur notre réaction face au trash. Moi je craque assez vite et l'humour trash ne me fait pas
rire. Toi tu craques moins vite et ça te gêne moins.
Question de goût (comme avec borat ou Borat ;) )

voracinephile 20/04/2014 14:03



Oh, je suis clairement un amateur de trash (et j'apprécie la provoc gratuite si elle est assumée avec panache). La limite est en revanche difficile à définir, vu que je n'apprécie pas la moitié
des épisodes de south park, malgré mon attachement pour la série. Le trash permet parfois d'aborder des tabous de façon caustique, alors j'apprécie. Mais passé un certain rang, c'est de la
vulgarité complaisante (et Kick Ass 2 et sa diarhée tape dans ce registre). Mais leur petit délire régressif sonnant comme une vengeance a un petit quelque chose de jubilatoire qui m'a adouci...



hdef 14/04/2014 12:18

à james : encore une fois, désolé de la lenteur de ma réaction : "En revanche, j'ai apprécié la gentille performance de Jim Carrye, ça faisait plaisir de le revoir (et je lui trouve un petit
charisme d'ailleurs)." Jim Carrey charismatique dans ce film ? Mais honnêtement, entre nous, tu ne trouve pas que ça se voit que le pauvre homme est au bout du rouleau ? À son âge, c'est
complètement ridicule de continuer à jouer ce genre de personnage (d'autant qu'il est bien meilleur dans le registre du drame : confer The Truman Show et Eternal Sunshine of the Spottless Mind),
d'autant que son protagoniste est écrit avec les pieds (il passe son temps à serrer les dents qu'il a encore et à faire le beau en balançant des vannes pourries (la scène du proxénète)). Tu ne vois
pas ce que je veux dire pour le côté teen-ager mieux fichu que le côté action ??? Ben tout simplement que le film traite deux aspects (comme Spider-Man à ce niveau) : la double vie de Kick Ass. Et
honnêtement, je trouve les scènes où il est au lycée, sans son costume, mieux réalisée que celles où il est dans son costume, car il y a une réelle émotion qui se dégage de ses entretiens avec
Moretz, et cette émotion est entrecoupée de combats ridicules et répugnant.
Les combats sont lisibles ????? Alors là... Si on peut prétendre cela pour la toute première baston (avec la main coupée), difficile de cautionner pour le reste. Je prends notamment à parti la
scène où Hit Girl, dopée à l'adrénaline bute Mother Russia, car le cinéaste semble vouloir finir la scène au plus vite en la passant en accéléré, montrant Hit Girl poignarder à vitesse grand V
mother russia, ce qui donne au film un côté cartoonesque complètement à côté de la plaque, vu que le reste du long-métrage est sensé montrer les conséquences de la violence et sa non-gratuité (à
l'inverse de l'opus 1) comme on le voit lors de la mort du père.
Le film ne cesse donc de se contredire.
Et j'oublie dans mon inventaire la prestation insupportable de l'acteur jouant le Motherfucker, avec son air de bodet du poitou ! Je ne peux plus le voir en peinture depuis, Christopher
Mintz-Plasse (grand acteur au passage : suffit de regarder sa filmo pour s'en rendre compte : C'est la fin, My Movie Project, SuperGrave, Marmaduke, Fright Night version 2010...)

voracinephile 16/04/2014 22:25



Je maintiens : Jim Carrey Charismatique. Il faut dire que je n'ai pas beaucoup suivi sa carrière récente (je n'ai rattrapé I love you phillip morris qu'il y a peu de temps, très bel
investissement de sa part pour une comédie moins débile que prévue, mais faut pas avoir peur du trash des clichés), mais pour ses quelques minutes d'apparition, j'ai apprécié.


Merci d'avoir détaillé pour la double vie. Effectivement, l'aspect émotionnel est prépondérant dans les séquences teens, et ces enjeux personnels disparaissent quand il y a des costumes. Pour
moi, ça allait avec le fait simple qu'ils se prennent pour des héros et qu'ils vivent leur personnage une fois le masque mis. Normal que les émotions soient privilégiées à l'extérieur, vu que
c'est plutôt l'action qui est privilégiée à ce moment là.


Le personnage de Mother Russia étant de toute façon un personnage absurde dès son introduction, toute cette débauche d'effets la concernant ne m'a pas surpris. On peut en revanche trouver que
c'est du mauvais goût. Pour moi, le mauvais goût est un lance roquette. La main coupée est un peu de trop en revanche, c'est effectivement un peu de violence gratuite (et je n'ai toujours pas
revu le film).


Ah, le mother fucker t'a tapé dans l'oeil ! Tu m'as bien fait rire avec l'évocation de cette belle région des Charentes ! Sa prestation reflète la carrure de son personnage : c'est vulgaire et
parvenu, mais son irresponsabilité cadre aussi avec le sujet.



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