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20 décembre 2013 5 20 /12 /décembre /2013 16:37

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Rolland Emmerich, c’est un type qui a une vision du cinéma ! On lui file 100 millions, et il est capable de faire un blockbuster allant du divertissement correct à la monumentale purge. Avec un petit capital sympathie ça et là pour la débilité profonde de l’humour ou des enjeux soulevés par des scénarios pas légers. A l’instar de son concurrent (nettement moins respecté) Paul W. S. Anderson, il semble que ce soient ses premiers films qui se révèlent finalement être les meilleurs de sa filmographie. Avec un Universal Soldier sympathique, Rolland a également fait fort avec le méconnu Moon 44, qui se révèle être une modeste série B aux arguments stimulants.

L’histoire : Les installations d’extraction de minerai extra-terrestre d’une multinationale sont régulièrement attaquées et pillées par un ennemi inconnu. Afin de subvenir au manque de pilotes assurant la défense de leur dernière base, ils engagent des prisonniers. Ils infiltrent parmi eux une taupe chargée d’enquêter sur d’éventuels espions présents dans le personnel.

 

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Avouez que ça vous rappelle le bon souvenir d’un Outland ! Sérieusement, l’univers de cette série B est suffisamment stimulant pour mériter clairement une gentille réévalutation de l’anonymat dans lequel le film est maintenu. Certes, inutile de chercher la subtilité. Les différents personnages sont tous des enclumes dont on juge de l’étoffe au premier coup d’œil (entre le stewart effeminé, le blondinet sadique, la montagne de muscle et le héros clope au bec…), l’histoire est sans fioritures, les ingrédients sont dans le plat, bien identifiables. Mais cela ne gâche pas pour autant le plaisir de découvrir un monde dont on explore peu à peu la fonctionnalité. La façon dont est amenée l’exploitation minière de l’espace (minimaliste : minerai = carburant) est bien amenée par l’intermédiaire de conseils de direction réalistes, et c’est finalement dans l’enjeu de cohabitation entre les détenus et le personnel normal des installations que le film finit par développer le plus. Quand des contraintes économiques poussent une multinationale à employer la seule main d’œuvre qualifiée qui lui reste (les prisons militaires) à des coûts minimes (simple réduction de peine), quelles situations sont amenées à apparaître ? En l’état, des exactions apparaissent vite dans les deux camps, parfois avec une violence inattendue de la part d’un réalisateur comme Rolland Emmerich (le viol d’un opérateur dans une sordide salle de douche). S’entame alors un jeu de coup pour coup discrètement joué dans le dos des militaires chargés d’encadrer la manœuvre, n’hésitant pas à sacrifier quelques personnages dans l’affaire. Malheureusement, le film ne saisit jamais complètement ce sujet à bras le corps, et ferme trop vite des pistes excellentes (violé par le détenu dont il avait la charge, l’opérateur chargé de guider son appareil l’écrase dans un ravin… Dilemme intéressant… à l’issue décevante). On voit vite d’ailleurs que le film jongle avec différentes idées, sans en développer une particulièrement. Il y a donc les patrouilles de défenses avec les exercices, bien sûr (très Avatar dans l’ambiance), mais aussi la fameuse traque de la taupe dans le personnel de la base, avec son petit lot de fausses pistes. Des détails sensés densifier le suspense, sans jamais prendre réellement. Toutefois, le film tente de faire des efforts pour assurer une petite cohérence à l’ensemble, et parvient surtout avec ses patrouilles à faire voyager un peu la caméra, en nous aventurant à l’extérieur de la base. On sent un budget pas très mirobolant dans les maquettes filmées en gros plan évident, aux explosions pas toujours maîtrisées et aux décors pas toujours bien éclairés. Mais ces inconvénients techniques, fait rare, le film n’est pas handicapé par ses acteurs, parmi lesquels on retrouve des trognes aussi sympathiques que celle de Malcolm McDowell. Des petits détails qui font plaisir, et qui contribuent à faire de Moon 44 un petit plaisir léger dans son domaine, suffisamment original pour assurer le divertissement, mais pas assez loin hélas pour devenir un film notable. Une honnête entreprise.

 

4/6


1990
de Roland Emmerich
avec Michael Paré, Lisa Eichhorn

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commentaires

Zogarok 25/12/2013 20:06

Slogan très original.. ou comment recycler en tout pourri. On dirait que ça sort de l'imagination d'un type qui vient d'apprendre son 85e mot.

voracinephile 26/12/2013 00:19



XD Et vu les remarques de Prince, il semblerait en plus qu'on ait affaire à un film déguisé en un autre... Décidément, il faudra que je le revois !



princécranoir 22/12/2013 08:12

"une modeste série B aux arguments stimulants". Dites-moi... Comme Emmerich, tu n'es visiblement pas resté insensible au charme de ces beaux messieurs bien galbés ! Malgré toute l'affection qu'on
peut porter à ce genre de projet fauché motivé par l'amour du genre, il faut quand même avouer que, déjà, le teuton de l'espace ne se montrait habile que pour filmer et monter les scènes d'action.
Le reste est proprement imbitable. Ce n'est qu'un mix opportuniste et lamentable entre "Outland" et "Aliens" (d'où le côté "Avatar" que tu pointes). Du coup, on peut, comme dans "Top Gun", s'amuser
à déceler toutes les allusions crypto-gay si chères au metteur en scène. C'est en tous cas ce qu'il y a de plus amusant à faire en regardant ce film, en dehors des éclats de rire involontaires que
les dialogues provoquent bien entendu ;).
plus de détails vers ma (vieille) critique à cette adresse : http://princecranoir.mabulle.com/index.php/2008/06/18/146053-ma-revue-de-cinema-n69

voracinephile 22/12/2013 11:54



Mais tellement mort de rire en lisant ce commentaire ! My gode, je suis démasqué !


En l'occurrence, je suis estomaqué de ne pas l'avoir davantage relevé. C'est tellement évident avec le recul... Le héros étalon digne d'un Querelle de Fassbinder, les scènes de douches, les
contacts masculins rudes (avec peu de parité d'ailleurs dans les rangs des prisonniers...). Et j'ai quand même apprécié le film ^^ !  Le contexte SF m'avait totalement fait envisagé une
autre direction (carrément Outland pour le coup), et je suis resté rivé à ce niveau de lecture sans relever les indices plutôt flagrants de cette bisserie pour hommes... Je persiste à penser
qu'il y avait des idées intéressantes, mais ça semble... complètement balayé par cette optique maintenant. Il va falloir que je le revois en mode objectif maintenant (vu que je partais avec un à
priori positif).



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