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26 septembre 2011 1 26 /09 /septembre /2011 07:50

 

http://filmgeek.fr/wp-content/uploads/2010/01/affiche-mother.jpg

 

Bong Joon-Ho nous a prouvé avec son petit bijou The Host qu’il pouvait faire un film à la fois divertissant (revival de Godzilla) et intelligent (l’ingérence des USA qui font pression sur des gouvernements pour nettoyer leurs déchets à leur façon). Avec Mother, il se livre à un tout autre exercice de style, celui du drame profond, viscéral, en dressant le portrait d’une mère et de son fils handicapé. D’une profondeur qui touche, le film, long de deux heures, foudroie par son intelligence, et s’inscrit directement comme l’un des meilleurs drames de la décennie 2000. Dire qu’un tel film n’a pas eu la récompense adéquate…

L’histoire : Une mère pauvre veille avec beaucoup de soin sur son fils Doo-jun, handicapé mental léger. Ce dernier est bientôt accusé du meurtre d’une étudiante, avec pour seule preuve une balle de golf qui porte son nom. Sa mère se retrouve rapidement être la seule capable de le défendre et de mener l’enquête, son fils ayant signé des aveux sans y avoir réfléchi.

 

film-mother.jpg


Drame viscéral, car l’amour maternel pour sa progéniture n’a jamais été dépeint aussi finement dans un film. L’interprète principale est tout simplement sublime dans son rôle, portant le film sur ses vieilles épaules, avec son personnage de mère élevée à la dure qui parvient à peine à subvenir aux besoins de sa famille, en pratiquant des activités illégales de surcroît. L’authenticité naît de la sobriété de la mise en scène, de la simplicité des situations et des personnages. Point de twists à l’horizon, l’intrigue évolue d’une façon on ne peut plus classique, avec une enquête qui ne contient que peu d’indices, et une femme déterminée qui cherche partout des indices. Elle en viendra même à se payer les services d’un ami d’Doo-jun pour mener un interrogatoire illégal assez brutal. Ce renoncement progressif à ses principes, Bong Joon Ho en fait un exposé des plus détaillé, la mère acceptant de s’endetter puis de recourir à des méthodes plus violentes pour obtenir la vérité. Si le rythme de l’enquête n’est pas toujours très rapide, les personnages sont dépeints avec un classicisme et un sens du détail qui paye indubitablement (on se souvient de chacun d’eux). Rien à redire sur l’enquête, ce sont les conclusions qui font vraiment décoller le film et qui l’élèvent au rang de chef d’œuvre (mais faut arrêter de lire à ce niveau si vous n’avez pas vu le film). En effet, le réalisateur va jusqu’au bout de son discours sur l’amour filial en refusant tout simplement la vérité des faits, et en faisant basculer d’un seul coup la situation d’une manière totalement inattendue et qui parle carrément avec ses tripes. Après cette scène tétanisante, le reste du récit bascule dans une ambiance délicieusement dramatique, la force des sentiments se sentant dans chaque plan, parfois avec une cruauté qui va droit au cœur (la remise finale de la boîte d’acuponcture). Cette scène, où la mère se retrouve face au condamné (innocentant du même coup son fils), en apprenant qu’il n’a pas de mère (et donc personne pour le défendre) et fond en larme, est tout simplement déchirante. Avec une conclusion aussi profonde, Mother peut s’avancer comme un des drames les plus réussis de notre époque, universel et admirablement réalisé. Tout simplement un de mes gros coups de cœurs dans le domaine du drame.

 

6/6

 

de Bong Joon-ho
avec Kim Hye-Ja, Won Bin

 

http://blogmedia.dramafever.com/wp-content/uploads/2010/02/mother-movie-poster.jpg

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